La peur et l’entrepreneur

Passé en Aout 2008 Dynamique Entreprendre - Lettre d'information de la CGPME haute-savoie lien http://www.dynamique-entreprendre.fr/index.php/2008/08

 

La peur d’agir et ses points positifs

La peur est notre garde fou.

Agir, vivre sa propre aventure, vivre une première expérience entraîne nécessairement la peur. Et heureusement qu’elle est là pour augmenter notre attention et être sur que la situation n’est trop dangereuse. Nous avons besoin de la peur pour être attentif aux personnes qui pourraient nous dévier de notre projet. La peur est notre juge pour sentir si le projet est fait pour nous ou pas… Les gens qui n’ont pas peur sont dangereux pour eux et le environnement.

 

La peur qui nous fait dépasser nos limites.

 

Tout humain a peur devant l’inconnu. Que la peur  soit d’ordre financière, physique, mental, relationnel, l’inconnu amène la peur. La création d’une entreprise, le lancement d’un nouveau produit, ou plus terre à terre, un entretien avec le département des impôts sont des aventures qu’un entrepreneur peut être appelé à vivre avec plus ou moins d’intensité. Quelque soit l’acte, vivre une aventure entraîne de la peur. La peur est aussi très excitante. Les peurs surmontées font souvent partie de nos meilleurs souvenirs car elles ont contribué à notre apprentissage.

 

La peur est une extraordinaire énergie

Dans l’urgence la peur est le grand moyen pour sortir d’une situation difficile.Elle nous permet d’utiliser notre courage, notre motivation, de faire des actes que jamais nous ne pensions être capable de réaliser.

 

 

 


L'aventure de l'entrepreneur

Un entrepreneur par définition est un aventurier :il ne se contente pas de ce qu’il a mais il souhaite aller vers quelque chose qu’il n’a pas et il ne connaît pas tous les aboutissants de son projet.

L’aventure est un choix de vie, qui est de vivre avec l’inconnu.  Nous avons tous des facilités pour vivre certaines aventures, certaines seront sportives, d’autres culturelles, d’autres dans les affaires et chacune aura  sa propre intensité.

 

Mais, vivre l’aventure tous les jours  avec son lot d’inconnus ? Rien que d’en parler cela fait peur…. Accepter de vivre l’inconnu c’est avoir confiance en soi et en son potentiel, c’est regarder ni devant ni derrière, c’est être en contact avec toute la réalité sans en modifier le sens.

 

Vivre avec la peur s’est etre beaucoup plus libre avec moins d’entraves et de se permettre d‘essayer, de se tromper, de modifier facilement sa ligne de vie, d’apprendre des echecs. C’est etre plus ouvert et ainsi avoir plus de possibilités.

 

Vivre avec la peur c’est aussi etre plus dans la réalité et donc gagner de la simplicité. Par exemple : j’ai peur d’aller voir mon banquier, la réalité est seulement d’aller voir un employé de la banque,  de se mettre d’accord avec lui et de signer les papiers pour effectuer son projet. Ce n’est pas Zut je n’ai pas assez d’argent, est ce que je parais assez honnête ? Mon dossier est il bien présenter ? Suis-je bien assez habillé ? zut il y a dix ans j’ai eu un problème bancaire !! etc etc….

Que faisons nous face à la peur ?

Souvent  la peur est synonyme de terreur, d’invalidité, de préjugés, et anxiogène. Je crois que l’on peut utiliser beaucoup de mots pour parler de la peur. De plus, nous n’avons pas le droit de dire « j’ai peur ». Face aux autres c’est un signe de faiblesse, de méconnaissance voire d’incompétence. « Un homme ne doit jamais avoir peur dit le père à son fils »…

. Alors pour éviter la peur, l’humain s’établi des règles de vie, des habitudes, qui permettent d’éviter la peur. Il se construit des remparts qui finalement se transforment en un vrai château fort. Au contraire l’aventurier est celui qui vivra son aventure avec le plus de plaisir, celui qui accepte ses faiblesses et ses capacités et avec une part d’inédit.

 

4 grandes directions de vivre la peur

 

Elle peut etre très rigide style résistance à la peur  : « Non je ne veux pas avoir peur et donc je vais faire comme ça, coûte que coûte. » La personne résiste en mettant des règles préétablis. Elle s’assure que tout se passera sous la forme qu’elle connaît. Elle ne laissera pas de place à l’inconnu qui la terrorise. Avec les autres personnes elle sera plutôt générale en chef que negociatrice. A force de vouloir imposer son point de vue elle arrive aux conflits, des incompréhensions, des relations tendues

Une autre manière est de s’effondrer. La peur fait tellement peur que cela devient insurmontable, impossible à vivre, trop dur. La personne devient incapable de réagir comme si, durant un moment, la vie s’effondrait et le projet avec…

 

Une troisième manière est de rester toujours dans l’ordre du projet, mais surtout ne jamais avancer sur le projet et ainsi passer de projets en projets. C’est très confortable, cela permet de vivre l’aventure au niveau intellectuel, mais hélas cela génère beaucoup de frustrations.

 

La dernière façon est d’etre tout le temps pessimiste par manque d’argent, manque de compétence , d’avoir trop de soucis ou trop de responsabilités familiale et donc de dire « cela n’est pas fait pour moi ». Par exemple « Pour créer une entreprise il faut avoir beaucoup d’argent, être célibataire et savoir vendre moi je n’ai rien de tout cela j’abandonne »…..

 

Si nous étudions ces différentes réactions nous avons tous un peu de tout cela en nous. Et chacun selon son histoire, ses expériences ? et tous nous ne nous sentons pas aventurier ni complètement libre.

La peur est dans notre corps.

 

Le corps vit aussi nos peurs. Nous sentons comment nous pouvons nous raidir face à une situation difficile. Des expressions populaires sont aussi pour nous rappeler le corps comme : « avoir la peur au ventre » ou « je tremble de peur » ou encore « j’ai tellement eu peur que mes jambes m’ont lâché » ou encore « j’ai tellement eu peur que j’ai décuplé mes forces ».

Toutes les quatres grands chapitres cités ci-dessus ont des resultats dans le corps :

La première est de se faire mal avec des maux de dos ou de tête et nuque, des crampes,

La seconde est comme une sensation de n’avoir plus de force pour agir. Sensation de vaciller, voir même tomber sans force

La troisième est une personne très rapide, très cérébrale avec beaucoup d’idées, la tête en avant et avec beaucoup de maux de tête.

La quatrième est plutôt très rigide dans son corps tout entier.

 

Accepter d’etre « peureux » dans sa vie.

 

Etre avec la peur c’est gagner de la liberté, parce que c’est accepter de ne pas savoir ce qu’il y a « pendant et après ».  C’est être moins avec des recettes de vie,  mais avec plus d’attention à la réalité. Etre attentif cela veut dire regarder avec un regard plus objectif qu’avec nos principes théoriques qui ne sont souvent pas en adéquation avec la réalité. Etre plus peureux c’est accepter de changer de cap quand le cap initial n’atteint pas l’objectif. A ce moment, on ne remet pas en cause la compétence du capitaine, ni la qualité du bateau, ni le règlement de la course  mais (seulement) il s’agit uniquement de changer de cap  pour mieux être dans la course.

 

Etre peureux s’est être plus dans le présent et non dans le futur ou dans son passé, c’est regarder les étapes de la vie au jour le jour. Trop de personnes restent (à) attachés à leurs expériences, comme si elles étaient des règles d’or, mais la vie, la mode, la technique les façons de vivre évoluent tous les jours. « Etre peureux c’est aussi être responsable de ses actes et accepter de n’être pas parfait ».

 

La peur vous donne envie. Je travaille tous les jours avec elle. ….

Ecrivez durant 10 minutes de quoi vous avez peur dans votre vie professionnelle, familiale, avec l’argent, votre environnement, au volant, et j’en passe. Faites une liste durant 10 minutes. Vous verrez que la liste peut s’agrandir rapidement.

 

Je travaille tous les jours avec la peur, nos peurs passées et à venir, comment elles bloquent notre évolution en nous imposant des croyances. Combien de clients m’ont dit «  Moi je suis incapable de …. » et ensuite changeait d’attitude. « Dans ma famille on ne sait pas faire ceci ou cela, moi non plus ». On se met des barrières de vie par peur de ne pas montrer ses faiblesses. Est-ce une faiblesse d’essayer de faire quelque chose que l’on n’a jamais fait ?

 

Je suis diplômé en massages thérapeutiques et je travaille beaucoup avec des clients qui ont un projet, qui souhaite réussir leur projet (mais) qui voient leurs difficultés personnelles. L'objectif du travail que je propose à mes clients n’est pas de dépasser les difficultés mais de sentir sa relation avec la difficulté. Les séances sont avant tout liées au corps et comment dans telle ou telle situation nous nous comportons.